Nos danses traditionnelles

L’une des cérémonies les plus importantes des Algonquins était la cérémonie de nomination des enfants. Femme-Caribou-blanc a assisté à un tel événement vers 1865 à Piskatang dans la haute vallée de la Gatineau.

LE FESTIN DE LA CÉRÉMONIE DE NOMINATION DES ENFANTS

Les mains levées vers la pleine lune, le [guérisseur] a invoqué l’Esprit de l’Ours mort, en lui demandant de protéger les (…) enfants à nommer. Le guérisseur tenait les très jeunes enfants dans ses bras, alors qu’il chantait et dansait autour des feux :

« Ne pleure pas, Petit-Enfant-Oiseau blanc. C’est ton grand-père qui te tient par la main. Danse et saute au son du tewigan. Le festin de la nomination et le grand ours noir t’aideront tout au long de ta vie. »

Les petites filles recevaient de très jolis noms, le plus souvent associés au monde céleste.

  • Aube-du-Matin – Wa-Ba-No-Kwe
  • Femme-Nuage – An-Na Kwat
  • Femme-Arc-en-Ciel – Agwa-Bi-Ni-San
  • Femme-Étoile – An-A-Gosh-Kwe
  • Femme-Rivière – Si-Bi-Kwe

Les garçons recevaient des noms beaucoup plus « puissants ».

  • Homme-Aigle – Mi-Ki-Si-Na-Bi
  • Homme-Ours – Mak-Wa-Na-Bi
  • Homme-Castor – Amik-Na-Bi
  • Homme-Caribou – Mos-Na-Bi

Pour le festin, on chassait un ours. Ils attachaient la carcasse sur deux grandes pirogues, et quand ils avaient atteint la rive opposée du lac Piskatang, mon arrière-grand-mère, Femme-Soleil, descendait sur le rivage pour aller à la rencontre des chasseurs, accompagnée de toutes les femmes. (…) Elle chantait une chanson d’action de grâces, puis elle remerciait le Soleil pour la nourriture apportée par les chasseurs et serrait tour à tour les pattes de l’animal mort, en continuant de chanter et de danser en cercle autour de l’ours et en gesticulant comme si elle lui parlait.

Tandis que les hommes écorchaient l’ours et en dépeçaient la viande en vue du festin, les femmes s’assoyaient en cercle sur le sol avec les enfants à nommer. Les femmes maintenaient le feu. La lueur du feu de branches d’épinette montagneuse était visible tout le long de la rive du lac.

Après que les hommes avaient divisé la viande de l’ours en sept sections, les femmes fumaient la viande sur les braises. Elles apprêtaient la viande de sept manières différentes, soit au-dessus des feux de joie ou à proximité des feux allumés dans les buttes de sable. On distribuait la viande d’ours à tous ceux qui étaient présents. Seule la tête de l’ours était laissée intacte. Sur sept petites branches disposées sur la tête de l’ours, on fixait un tout petit morceau de chacune des sept sortes de viande. Les femmes donnaient ensuite la tête de l’ours au guérisseur.

Les tripes de l’ours étaient retournées, cuites, puis mesurées. Les mères en servaient la longueur du petit doigt aux enfants. Elles croyaient que si les enfants mangeaient plus que la longueur du petit doigt, ils deviendraient noirs, tout comme les tripes de l’ours. Lorsque les enfants étaient devenus grands, la longueur de tripes mangées n’avait plus d’importance. (…)

Après le festin de viande d’ours, plusieurs personnes jouaient des tambours tewigan dans un battement très doux et lent. Au fur et à mesure que la danse se poursuivait, le rythme des tambours augmentait. Les Algonquins dansaient en cercle autour du feu, qui représentait la Lune ou le Soleil, tous deux considérés comme de bons augures.

Femme-Caribou-blanc a ensuite chanté une berceuse que Femme-Aigle avait chantée au festin de nomination. Elle a chanté le premier couplet, puis elle a sifflé le second, un demi-ton plus haut. (Gaultier de La Vérendrye, Juliette, coll. 1-A-160M; B326 F.4.)

Cliquez ici pour entendre Gaultier chanter cette chanson dans un enregistrement réalisé en 1945.

La nation algonquine a hérité d’une multitude de chansons et de danses traditionnelles. Certaines d’entre elles ont toujours fait partie de cérémonies spéciales. Le plus souvent, ces chansons et ces danses racontent des histoires qui enseignent l’art de la chasse ou elles célèbrent le succès d’une chasse.

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