Nos danses aujourd’hui

Il se peut que les Algonquins aient disposé d’une forme d’instrument à cordes, comme le laisse penser le texte ci-dessus. Les Algonquins pourraient avoir confectionné cet instrument avec les matériaux disponibles longtemps avant l’arrivée des Européens, mais nous n’en sommes pas sûrs, car les commerçants de fourrures écossais et français leur ont apporté des violons. Les Algonquins ont immédiatement prisé cet instrument et ils ont appris les gigues et danses carrées qui y étaient associées. (McGregor, 2004: 184.) Ces danses sont moins répandues aujourd’hui, mais les sons des violons résonnent encore lors de certains rassemblements, comme les réceptions de mariage.

Cliquez ici pour écouter une entrevue avec Pauline Decontie qui raconte les danses carrées de sa jeunesse et d’autres danses des années 1960, comme le rock’n’roll.

Elle parle aussi de la façon dont les Algonquins maintenaient leurs chansons et leurs danses traditionnelles en vie, malgré les curés qui tentaient de les arrêter et le gouvernement qui interdisait les rassemblements traditionnels.

Ainsi, les chansons et les danses sont devenues de moins en moins visibles à partir des années 1920.

Cependant, les deux dernières décennies du XXe siècle ont été marquées par un puissant rebond de la culture traditionnelle. Pauline Decontie faisait partie de ceux qui avaient organisé des rassemblements communautaires réguliers à Kitigan Zibi pour assurer la renaissance des chansons et danses traditionnelles. Peu à peu, l’un de ces événements, tenu la première semaine de juin, est devenu un pow-wow annuel.

Au début des années 1980, la fille de Pauline, Robin, a entendu pour la première fois un chanteur s’accompagnant d’un tambour dans une chanson de pow-wow. Ce son a conquis son cœur. Elle s’est alors lancée à la recherche d’enregistrements, comme ceux des Badland Singers du Dakota du Nord et les Pigeon Lake Singers de l’Alberta. Robin écoutait ces enregistrements en boucle, l’oreille tendue. Elle a vite maîtrisé l’art de chanter comme choriste.

Elle a participé à des enregistrements avec le groupe White Tail Cree Drum, formé de chanteurs de Moose Factory, Wiki, Wolf Lake et Manotick dans sa composition de 1990. Ce groupe s’est souvent produit, entre autres à des occasions où des danseurs algonquins ont remporté les grands prix sur le circuit des pow-wow.

Les programmes culturels actuels dans les écoles et au Centre d’éducation culturelle Kitigan Zibi Anishinabeg soutiennent des groupes qui peuvent chanter et jouer du tambour pour des danseurs en diverses occasions. Parmi ces chanteurs, on retrouve des groupes de tambours pour garçons et pour hommes, ainsi que des groupes de tambours à main pour les filles et les femmes.

Le Centre d’éducation culturelle est devenu un vecteur dynamique de la culture algonquine ancienne et moderne. Les chanteurs et les danseurs modernes continuent de travailler dans le Centre, à quelques pas d’expositions d’artefacts datant de 8 000 ans.

Visiblement, le Centre montre que la culture algonquine tire ses origines d’un long passé et qu’elle est toujours bien vivante aujourd’hui.

 

 

Bibliographie

Clément, Daniel. ed. 1996. The Algonquins. Mercury Series, Canadian Ethnology

Service, Paper 130. Hull, QC: Canadian Museum of Civilization.

Day, Gordon M. and Bruce G. Trigger. 1978. “Algonquin.” In  Handbook of North

American Indians: Volume 15 Northeast, editor Bruce G. Trigger. Washington:

Smithsonian Institution, pp. 792-797.

Decontie, Pauline. 2006. Interviewed by Elaine Keillor at Kitigan Zibi Anishinabeg.

Decontie, Robin. 2006. Personal communications to Elaine Keillor, Kitigan Zibi  Anishinabeg.

Gaultier de la Vérendrye, Juliette Collection, Canadian Museum of Civilization, 1-A-

160M: Files B325 and B326; 77-120 / GAU-At-1 B.218 1.6.

McGregor, Stephen. 2004. Since Time Immenorial: “Our Story”: The story of the Kitigan

Zibi Anishinàbeg. Maniwaki, QC: Anishinabe Printing.

Wawatie, Jacob. 2006. Personal interview by Elaine Keillor, Grand-Remous.

 

 

 

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