Innus

Qui nous sommes

Les gens de la Première Nation des Innus du Labrador habitaient des terres s’étendant sur toute la partie orientale de la péninsule du Québec-Labrador. Ils appelaient ces terres ancestrales « Nitassinan ». Le mot « Innu », comme le mot micmac « L’nu », signifie « peuple », et a été choisi par les Innus du Labrador pour remplacer les noms qui leur avaient été donnés par les premiers marchands et explorateurs français et anglais, à savoir « Montagnais » et « Naskapis ».

Encore aujourd’hui, les Innus du Labrador continuent de voyager dans le Québec francophone pour rendre visite à leurs proches, traversant des frontières politiques qui n’existaient pas avant l’arrivée des Européens et la création du Canada en 1867. Les Innus sont étroitement liés aux Cris, dont l’habitat s’étend du Québec jusqu’à l’Ouest canadien. L’innu-aimun, la langue innue, continue d’être leur langue commune. L’innu-aimun fait partie de la famille des langues algonquines.

Les Innus vivaient dans des bandes de familles apparentées, survivant de la chasse et de la pêche, et des médecines provenant de plantes et d’animaux. Le caribou était l’animal le plus important pour les Innus. Ils dépendaient du caribou pour la nourriture, les outils, les vêtements et les abris faits de peaux de caribou et cousus avec des tendons de caribou. Ils en dépendaient même pour la préparation de médecines. Ils ont également développé une riche tradition de contes, de danses, de chants et de percussions. Ces éléments culturels s’avéraient cruciaux pour leur survie dans les conditions souvent très difficiles de la toundra du Labrador. En fait, il est impossible de dissocier la culture ancienne des Innus de leurs terres ancestrales et de leurs cours d’eau, car toutes les activités des Innus étaient liées à cet environnement.

Au début du XVIIe siècle, des missionnaires jésuites et récollets (et plus tard des Oblats) introduisirent le christianisme chez les Innus de l’ouest du Québec. La religion s’est répandue au nord et à l’est au gré du commerce des fourrures, à mesure que le gouvernement colonial étendait son contrôle. Le contact avec les cultures étrangères a modifié la structure sociale des différentes bandes, en raison entre autres de l’introduction de nouvelles technologies, comme les aiguilles de fer, les fusils, les tissus, les haches et les couteaux, ainsi que de maladies qui ont dévasté des communautés entières. Les postes de traite des fourrures sont devenus des centres d’activité pour certaines bandes, et les familles ont commencé à être associées à des territoires de chasse particuliers, dont certains existent encore aujourd’hui.

Les Innus du Labrador demeurent uniques par rapport aux autres peuples autochtones du Canada, car ils vivaient sur leurs terres ancestrales jusque dans les années 1960, lorsqu’ils se sont établis dans deux communautés : Sheshashiu et Utshimassits (maintenant déplacées dans une autre communauté appelée Natuashish), en vertu d’une loi du gouvernement de Terre-Neuve. Contrairement à d’autres peuples des Premières nations et aux Inuits, ils n’ont pas été officiellement reconnus et n’ont pas reçu le statut de Premières Nations avant 2002. En effet, lorsque Terre-Neuve et le Labrador ont été intégrés au Canada en 1949, le gouvernement n’a pas reconnu les Innus et leurs droits sur leurs terres.

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Aujourd’hui, de nombreux projets de développement (exploitation minière, construction de barrages hydroélectriques, construction de routes à travers le Nitassinin et la foresterie) menacent les territoires innus et le droit des Innus de les gérer.

Plusieurs d’Aînés (ou tshishennuat) interviewés pour la préparation de ce site Web se souviennent avoir grandi sur la terre ferme, campé près des lacs et fait du canoë le long des nombreuses rivières qui servaient de grandes voies de circulation à travers Nitassinan. Depuis qu’ils se sont établis dans des communautés, les Innus pratiquent de moins en moins les danses et les rituels que les Aînés décrivent et qui étaient exécutés pour la chasse, en particulier la chasse au caribou. Les missionnaires chrétiens désapprouvaient nombre de façons innues de célébrer et d’honorer la vie. Par conséquent, dans les communautés, de nombreux événements ont été fusionnés avec des fêtes chrétiennes. Aujourd’hui, beaucoup de petits-enfants et d’arrière-petits-enfants des tshishennuat grandissent dans des écoles non innues, ne dansent plus et ne battent plus du tambour pour faire retentir les sons, les chants et les rythmes de leurs terres ancestrales.

 

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