Pourquoi nous dansons

Au XVIIe siècle et au XVIIIe siècle, les Eeyous menaient un mode de vie de subsistance très différent de celui des Eeyous d’aujourd’hui. Les Eeyous d’autrefois passaient près de neuf mois à l’intérieur des terres, loin des postes de traite côtiers de la Compagnie de la Baie d’Hudson (CBH). Ils chassaient, piégeaient et pêchaient dans des territoires de chasse familiaux. Parfois, une, deux ou trois familles vivaient ensemble dans les bois et piégeaient sur le même territoire pendant l’hiver. Souvent, ces familles ne voyaient pas d’autres personnes avant la fin de leur long voyage de retour, au printemps, alors qu’elles descendaient les rivières en canoë jusqu’aux postes côtiers de la CBH. Le voyage de retour pour les mois d’été de juillet à août était très attendu par toutes les familles, puisque l’été passé aux postes de la CBH signifiait un retour à un lieu d’heureux rassemblements sociaux. C’était une période de retrouvailles. On retrouvait les membres de la famille élargie et les amis et on passait du temps avec eux. C’était aussi une période de festins, de célébrations, de mariages, de naissances et de partage d’histoires sur les activités des mois passés à l’intérieur des terres. Les mois d’été représentaient une période importante pour se détendre, partager la nourriture lors des fêtes et chanter, battre du tambour et danser pour les cadeaux alimentaires que la terre avait offerts ou, tout simplement, pour exprimer sa joie d’être en vie pour se revoir pendant l’été.

Généralement, le tambour, le chant et la danse prenaient place après un festin. Certains Aînés estiment qu’aucun festin ne peut se terminer avant que les gens aient chanté, joué du tambour et dansé. (Blacksmith, dans Richardson, 1991 : 158-159, 238 et 286.) Par contre, dans certaines familles de chasseurs eeyous, les aînés croyaient qu’aucun festin ne pouvait commencer avant qu’une chanson et une pièce de tambour n’aient d’abord été exécutées. (Blackned, Preston 2002 : 53.)

Les fêtes et les célébrations s’avéraient généralement un moment spécial de partage, en raison d’un mariage, d’une pêche particulièrement fructueuse ou de la prise d’un ours. Une fois l’ours, le caribou, l’orignal ou le poisson apporté, nettoyé et cuit, les familles se rassemblaient dans le tipi de la famille du chasseur qui l’avait tué. Avant le début du festin, on remerciait « Manitou » et l’esprit de l’animal, en offrant un morceau de sa chair au feu. Après le festin, on battait du tambour, on chantait et on dansait pour exprimer sa gratitude, son bonheur, ainsi que son respect et son amour pour les aliments tirés des animaux des terres. Ainsi, ces pièces au tambour, ces chants et ces danses constituaient des rituels importants dans les festins et permettaient d’exprimer de la gratitude envers les dons de la vie.

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Native Dance