Les histoires entourant nos danses

Les histoires sont la culture. Elles expriment des croyances et des valeurs qui indiquent aux gens comment vivre une bonne vie en harmonie avec la Terre et toutes ses créatures. Les histoires dénées gardent la culture vivante. Les Aînés enseignent à chaque génération à connaître la culture, à vivre une vie heureuse en tant qu’êtres humains et à comprendre les dons quotidiens du Grand Créateur.

Les Dénés disent que les enfants ne peuvent survivre avec honneur que si les aînés leur apprennent à respecter leur culture et à y prendre part. Ainsi, les Dénés existeront pour toujours sur la Terre Mère. Les conteurs n’ont jamais eu besoin d’écrire, car ils ont toujours mémorisé chaque mot et chaque geste. Ils ont appris les histoires telles que leurs Aînés les ont racontées, avec précision et dans les moindres détails.

Ces histoires sont plus que de simples souvenirs : elles constituent l’âme dénée, qui perpétue son histoire, sa culture et ses valeurs.

Les très nombreuses histoires dénées enseignent et montrent aux enfants comment chasser les animaux, façonner habilement les lances à partir de la pierre, gratter les peaux d’animaux pour se mettre à l’abri, se vêtir et préparer des repas dans des paniers d’écorce de bouleau sur des pierres chaudes et des charbons ardents. Elles enseignent aux enfants et aux jeunes adultes comment fabriquer des tambours à partir d’écorces d’arbres et de peaux d’animaux et comment s’amuser en jouant du tambour et en dansant dans les cérémonies.

Les Dénés n’ont pas oublié comment leurs chansons, qui revêtent tant d’importance, sont venues à eux. Les cérémonies, les chants et les tambours qui unissent les gens pendant qu’ils dansent tirent directement leur pouvoir du Grand Esprit. Aujourd’hui encore, les Dénés partent en quête de ce pouvoir « à l’ancienne ». Un par un, ils s’engagent profondément dans les bois ou s’assoient sur une colline isolée ou une montagne et y restent isolés pendant des jours ou des semaines, en priant le Grand Créateur pour qu’il leur fasse don d’un chant. Là, chacun tient une cérémonie spéciale et chante en attendant le cadeau qui deviendra sa propre chanson.

 a) Histoire des nains

L’Aînée Besha Blondin se souvient d’être demeurée assise sur une montagne plusieurs jours en attendant sa chanson. Finalement, pendant qu’elle priait, deux nains lui ont rendu visite. Ils lui ont dit qu’elle était sur le point d’entendre « sa chanson », et qu’elle jouerait cette chanson de tambour pendant bien des années.

« Ils n’ont jamais touché le sol, raconte l’Aînée. Ils planaient au-dessus du sol. Ils m’ont regardée et ils ont dit : “Nous allons te chanter cette chanson une seule fois. Tu devras ensuite la chanter à ton tour. Prends toute l’année pour la pratiquer, puis, au bout de cette année, tu la chanteras en public”. »

Elle a écouté la chanson des nains. Elle les a remerciés avant qu’ils ne partent. Elle a pratiqué la chanson pendant un an avant de la chanter en public.

« C’est cela que nous faisons pour obtenir les chansons sur lesquelles nous dansons, explique l’Aînée. Je connais cinquante-quatre chansons. »

Besha Blondin m’a raconté pendant de nombreuses années que le Grand Créateur a donné des chansons et des danses aux Dénés. Ces dons montrent comment vivre sur la terre et comment comprendre et respecter la Terre Mère et chaque être humain. Elle m’a expliqué à quel point il était merveilleux de voir les gens danser sur les chansons de tambour : « Je me souviens que les gens riaient en dansant, tant ils étaient transportés de joie. Cela n’apporte pas seulement de la joie… Nous savons aussi qu’au cours des danses de tambour, le battement du tambour est en fait le battement du cœur du Créateur. »

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